Ce 17 juin, 17 randonneurs accompagnèrent MARYVONNE et JEAN-PIERRE sur les coteaux qui entourent la vallée de la Hem entre Clerques et Tournehem s/la Hem empruntant le matin, le chemin de randonnée créé sur une ancienne ligne de chemin de fer qui reliait Anvin, situé au S-O de Béthune à Calais en passant par Fruges, Lumbres, Bonningues-les-Ardres, Guînes. Créée en 1882, elle fut fermée en 1955.

Point de départ : CLERCQUES, village de 313 hab. Son église au clocher du XIIIème siècle et au chœur de la fin du XVème. Après être passé sur la Hem à l’altitude de 44m et avoir traversé le village d’Audrehem la 1ère difficulté se présenta, une montée qui mena à une altitude de 100m.  Ce fut, pour ainsi dire, la seule vraie difficulté de la matinée. Nous suivîmes le chemin de la Ligne d’Anvin jusque Tournehem  S/la Hem.

La pause méridienne fut prise dans l’estaminet-rando du village et dans la bonne humeur.

Dès la reprise de la marche l’après-midi les randonneurs affrontèrent LA MONTEE de la journée qui de 38m à Tournehem les fit gravir le coteau jusqu’à la chapelle St Louis à 165m d’altitude. Datée du  XVème siècle, elle fut édifiée par Antoine de Bourgogne. Louis XI s’y serait recueilli.

De là, par beau temps on peut apercevoir la côte du Cap Blanc Nez à Dunkerque. Ce qui fut le cas.

Il pousse à cet endroit une orchidée sauvage en voie de disparition, l’ophrys abeille. Une photo de cette fleur prise lors de la reconnaissance figure dans le compte-rendu photos.

Certaines photos vous montreront ce que vous auriez pu voir s’il avait fait beau toute la journée. Ce qui vous donnera peut-être envie de faire un jour cette randonnée. D’autres, ce que vous auriez vu si vous aviez été parmi les 19 participants.

Le temps fut maussade le matin, plus clément et ensoleillé l’après-midi. Globalement excellent pour randonner. Merci à tous les participants.

 

Tournehem s/ la Hem :

Le lieu est attesté depuis l’époque romaine.

César y passa en 57 avant J.C. L’empereur Septime Sévère y campa en 218 après J.C.

Y convergeaient alors 5 voies romaines dont la principale appelée la Leulène menait de Thérouanne (ville alors très importante) à la mer. Elle prolongeait la Chaussée Brunehaut (Arras  - Thérouanne).

Le village est connu sous le nom de Tornehem (étymologiquement : la propriété de Torn) depuis le XIème siècle. Entre les XIIème et XIVème siècles en fonction des alliances, des conflits et des traités le lieu fut, selon les périodes, flamand, anglais ou français à plusieurs reprises puis bourguignon au XVème .

Espagnol au XVIème par donation du roi de France avant de revenir à la France et de perdre son château, ses fortifications sauf la porte de la Leulène et de son importance.

L’apogée du bourg se situe au XVème siècle lors de la période bourguignonne quand Louis XI le donna à Antoine appelé Grand Bâtard de Bourgogne, fils naturel du duc de Bourgogne Philippe III le Bon.

L’église du village est du XIIème siècle pour la nef, et des XVII et XVIIIème siècles. Elle est remarquable par le mobilier, le retable, l’autel, les lambris, la chaire qui sont du XVIIIème siècle.

Les habitants s’appellent les Sarazins. Le nom est lié depuis le Moyen-âge à leur caractère soit disant farouche et sauvage tel que les populations d’alors se représentaient les musulmans dont ils n’avaient sans doute jamais vu un représentant.

Toutefois ce caractère peut être attesté par la devise du village : “nul ne s’y frotte“ qui était aussi celle d’Antoine de Bourgogne.

Une anecdote pour terminer: au XVIIIème siècle un seigneur de Tournehem nommé Le Normant d’Etioles, fermier général de Louis XV était marié à une dame née Jeanne Poisson qui devint célèbre car maîtresse du roi sous le nom de marquise de Pompadour.